LA
FRANCE,
portraits d'une inconnue

Le cinéma
américain a toujours frontalement abordé,
sinon lui-même modelé, l’Amérique
– ses frontières, ses mythologies,
son peuple. Dans le cinéma français,
la question nationale filtre de manière
beaucoup plus diffuse. Ce programme propose une
ébauche de cartographie, à travers
un prisme particulier : des films français
pour qui leur pays semble une terre inexplorée,
exotique, étrange, étrangère.
S’exprime là l’une des plus
précieuses puissances du cinéma
: reproduire le monde sans qu’il soit immédiatement
reconnaissable, ramener le familier à son
étrangeté et à son silence
premiers. Dans ces films, « la » France
ne va plus de soi – patrie problématique
qui doit être à chaque fois refondée.
France « profonde », obscure, sauvage,
chez certains, mais aussi rêvée ou
réinventée chez d’autres :
pays de cocagne que nous habitons peut-être
sans le savoir.
Hervé AUBRON
Présentations et débats
assurés par Hervé Aubron, Emmanuel
Burdeau et Cyril Neyrat
Emmanuel Burdeau est rédacteur en chef
des Cahiers du cinéma.
Hervé Aubron et Cyril Neyrat sont critiques
aux Cahiers du cinéma et à la revue
Vertigo.
La programmation du Ciné-club s’adosse
à un numéro de la revue Vertigo,
intitulé « La France ».
Lundi
22 octobre en présence
du réalisateur
En avant-première :
LA FRANCE
de Serge BOZON
Avec Sylvie TESTUD, Pascal GREGORY...
Sortie nationale le 21 novembre 2007
Couleurs 102 minutes
Durant la Première Guerre, une jeune
femme décide de se grimer en homme pour
partir à la recherche de son mari sur le
front. Elle se fait accepter d’un groupe
de soldats perdus en rase campagne : la compagnie
se tient chaud en chantant d’anachroniques
ritournelles de pop. Le film français le
plus passionnant de cette année.
Lundi
19 novembre
LOLA
de Jacques DEMY
Avec Anouk AIMÉE...
1961 NB/scope 85 minutes
Pour son premier long métrage, Demy
transforme la ville de son enfance, Nantes,
en un carrousel. Y tournoient une danseuse légère,
un dilettante déprimé, une veuve
esseulée, une enfant amoureuse et des marins
américains désœuvrés.
Lundi
17 décembre
PARIS VU PAR ...
GODARD, ROHMER, CHABROL, ROUCH, POLLET, DOUCHET
1965 Couleurs 95 minutes
Portrait choral de la capitale par la Nouvelle
Vague : chaque cinéaste s’arroge
un quartier, de la Place de l’Étoile
(Rohmer) à la Gare du Nord (Rouch), du
XVIème (Chabrol) à la rue Saint-Denis
(Pollet), de Saint-Germain (Douchet) à
Levallois (Godard).
Lundi
21 janvier 2008
LE MOINDRE GESTE
de Fernand DELIGNY, Jean-Pierre DANIEL et Josée
MANENTI
1962-1971 105 minutes
Franc-tireur de la psychiatrie, Fernand Deligny
expérimente au début des années
soixante une thérapie particulière
: il invite l’un de ses jeunes patients,
autiste, à imaginer une fiction. Ce matériau
restera inédit jusqu’à ce
qu’un monteur, étranger au tournage
et le découvrant par hasard, le recompose
à sa manière. Une entêtante
odyssée dans l’âpre désert
des Cévennes.
Lundi
18 février
MES PETITES AMOUREUSES
de Jean EUSTACHE
Avec Martin LOEB, Ingrid CAVEN...
1974 couleurs 123 minutes
Le jeune Daniel rejoint à Narbonne
sa mère, qui a refait sa vie avec un ouvrier
espagnol. L’ennui de la sous-préfecture
assoupie et les premiers émois adolescents
se mêlent en une même langueur. Eustache
réalise Mes petites amoureuses un an après
La Maman et la Putain.
Lundi
17 mars
LES NUITS DE LA
PLEINE LUNE
de Eric ROHMER
Avec Pascale OGIER et Fabrice LUCHINI...
1984 couleurs 100 minutes
Paris, 1984, ses fêtes, son hédonisme
absent et anxieux. Au-delà du périphérique,
les terrains vagues de Marne-la-Vallée
se couvrent de petites résidences glacées.
La planète Mars, un enfer feutré,
bleu et gris, le sidérant portrait d’une
zone désaffectée : la France des
années quatre-vingts.
Lundi
14 avril
L’AMOUR EXISTE
de Maurice PIALAT
1960 couleurs 21 minutes
+ DE BRUIT ET DE
FUREUR
de Jean-Claude BRISSEAU
1988 couleurs 90 minutes
Deux visions de la banlieue française,
dans le même temps lucides et hallucinées.
Maurice Pialat invente avec son premier film le
brûlot proustien : l’ancien voyageur
de commerce mêle réminiscences personnelles
et imprécations sur les vies mises au ban
de Paris – des trains de banlieue aux bidonvilles.
Quelque trente ans après, Brisseau décrit
les cités comme un terrible carnaval, où
couvent des rêveries morbides et un incendie
violent.
Lundi
26 mai
DU SOLEIL POUR LES
GUEUX 1997
+ CE
VIEUX RÊVE QUI BOUGE
de Alain GIRAUDIE 2001
45 minutes chacun
La naissance d’une utopie, tout à
la fois fantasque et frontalement politique. Du
soleil… : sur le plateau du Larzac,
quatre personnages expérimentent le western
sans cheval et la science-fiction occitane, tout
en devisant sur l’état du monde.
Ce vieux rêve… : dans une usine abandonnée,
le désir physique et la fin du monde ouvrier
deviennent une même question.
Lundi
16 juin
BASSE NORMANDIE
de Patricia MAZUY et Simon REGGIANI
2003 120 minutes
Don Quichotte fait escale dans une ferme
normande. Patricia Mazuy (Saint-Cyr)
et son compagnon Simon Reggiani se filment chez
eux, alors que Reggiani prépare un improbable
one-man-show : il veut dire du Dostoïevski
à cheval, au cœur du Salon de l’agriculture.
Parallèlement
au Ciné-Club, le Cinéma Landowski
proposera, au cours de l’année, des
ateliers d’analyse de films organisés
avec l’ACRIF et la revue Vertigo.
Site de la revue
"Vertigo" :
http://www.revuevertigo.com/
Site
des Cahiers du Cinéma :
http://www.cahiersducinema.com/site.php3