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Depuis
octobre 1980, Boulogne-Billancourt compte une " université
libre ", ouverte à tous, sans conditions d'âge ou de
niveau d'études, où conférenciers et étudiants essaient
de mieux comprendre le monde grâce à des cours d'histoire,
de géopolitique, de littérature, de sciences et d'économie…
Aujourd'hui, cette association fête son 20e anniversaire.
À l'origine de la création de la mini-université,
la détermination de Françoise Chatel de Brancion, docteur
ès lettres, angliciste, boulonnaise et mère de sept
enfants. Cette femme de caractère, conseillère municipale
à Boulogne-Billancourt, demanda à Georges Gorse, alors
député maire, de l'aider à mettre sur pied cette nouvelle
association culturelle. Malgré le scepticisme général,
la mini-université, rebaptisée Forum universitaire il
y a trois ans, connut un succès immédiat qui ne s'est
jamais démenti et son infatigable fondatrice, devenue
présidente d'honneur, assure encore des cours de littérature
et dirige le séminaire de littérature étrangère.
Comment avez-vous eu l'idée de créer le Forum universitaire
?
Françoise Chatel de Brancion : J'étais enseignante
auprès des enfants malades hospitalisés. Frappée par
leur volonté d'apprendre et par les bienfaits que cet
enseignement leur apportait, j'ai eu l'idée de créer
dans ma ville une mini-université qui serait ouverte
à tous et dispenserait des cours de culture générale.
Georges Gorse m'a alors aidée à réaliser ce projet.
Que proposiez-vous à l'époque ?
F.C.B. : Je pense que la création de cette mini-université
répondait à une vraie attente des Boulonnais. Dès le
premier jour, nous avions 120 personnes. Au début, c'était
très artisanal mais le public partageait notre enthousiasme.
Certains étaient très calés, d'autres n'y connaissaient
rien, mais tous participaient volontiers. Les débats
étaient très interactifs. J'assurais presque tous les
cours : histoire, histoire de la littérature, philosophie…Ma
belle-sœur donnait des cours d'archéologie.
Comment les activités se sont-elles développées ?
F.C.B. : L'informatique a connu un tel succès
que, bien vite, elle s'est constituée en club autonome.
L'astronomie est devenue une activité importante. Sylvie
Petin, la directrice actuelle, a ouvert rapidement des
cycles de conférences et des séminaires de philosophie.
Elle a aussi créé le ciné-club et le café philosophique.
J'ai lancé le séminaire de littérature anglaise autour
duquel sont venus ses greffer : littérature française
et étrangère, mais aussi langues mortes ou vivantes.
Les animateurs étaient bénévoles et pas nécessairement
des professionnels. Je voulais ouvrir la porte à tous
ceux qui ont quelque chose à transmettre et qui savent
le dire. Ce qui a profondément consolidé la mini-université,
ce sont les voyages culturels qui ont été organisés
dès la seconde année, en Irlande, en Grèce, en Égypte,
à Constantinople. Ces voyages ont tissé des liens entre
les étudiants.
Vous avez aussi accueilli des personnalités renommées….
F.C.B. : Le dynamisme de notre association, la
qualité et le nombre des auditeurs les ont incitées
à venir. Jacqueline de Romilly, ardent défenseur de
l'enseignement du grec et du latin, a été la première,
mais aussi le philosophe Paul Ricoeur ; le professeur
Jean Bernard est venu parler d'éthique, Hubert Reeves
de sa passion pour les étoiles, Yves Coppens de l'australopithèque
Lucy, grand-mère de l'humanité. Et puis Maurice Schuman,
fidèle compagnon du général de Gaulle, Emmanuel Le Roy
Ladurie, Hélène Carrère d'Encausse. Ces conférences
n'avaient rien du cours magistral, elles étaient toujours
suivies d'un débat. Elles ont aussi attiré un nouveau
public.
Vingt ans après, quel regard portez-vous sur l'association
?
F.C.B. : On compte plus de 25.000 auditeurs par
an. C'est probablement pour cela qu'on a changé le nom
et que la Mini-université s'appelle désormais le Forum
universitaire. Peut-être a-t-on pensé qu'elle était
maintenant suffisamment grande pour ne plus être " mini
". Sa continuité m'étonne. Il n'y a jamais eu de fléchissement,
même après ma démission en 1995. J'ai été remplacée
par Yves Bahier, ancien officier de marine, puis par
Claude Fohlen, spécialiste de la civilisation américaine
et professeur émérite des universités. Sylvie Petin,
licenciée de philosophie, en assure avec brio et compétence
la direction. Le public reste hétérogène. C'est un auditoire
attentif, vivant, ouvert, qui participe beaucoup et
je suis très heureuse de voir que les jeunes viennent
de plus en plus nombreux, notamment les étudiants de
l'université Paris V-René Descartes.
(Propos recueillis par D. de Faucamberge)
LE
FORUM UNIVERSITAIRE EN CHIFFRES (1999 - 2000)
- 131 conférences, 3 tables rondes et un colloque auxquels
25.243 personnes ont participé.
- 32 cours de langues, littérature, philosphie et un
club de randonnées pédestres comportant 503 inscrits.
- Le ciné-club compte 180 adhérents
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